La seconde histoire commence avec le groupe M à Mahale, où des chercheurs japonais de l'université de Kyoto sont arrivés en 1965 et ont entamé un programme d'habituation qui a demandé dix années de patience pour aboutir. Ce qu'ils ont découvert était une communauté de chimpanzés vivant dans un environnement fondamentalement différent : non pas la forêt étroite et accessible de Gombe, mais une forêt tropicale de montagne sur une péninsule montagneuse à Mahale descendant abruptement vers la rive opposée du même lac — une forêt qui s'étend de la plage à la lande alpine à plus de 2 000 mètres d'altitude, couvrant un territoire si vaste que les plus de soixante individus du groupe M s'y déplacent selon un calendrier de fructification que les chercheurs cartographient depuis l'époque où les Beatles enregistraient encore des disques. Il n'y a pas de routes vers Mahale. Il n'y a aucune ville dans un rayon de 60 kilomètres. On y arrive en avion léger puis en bateau, et le camp sur la plage — construit en bois de boutre recyclé, posé directement sur le sable, le lac devant et la montagne derrière — est aussi éloigné de toute infrastructure que la Tanzanie puisse l'offrir.
Réunir ces deux histoires en un seul itinéraire d'une semaine n'est pas simplement un exercice logistique. C'est une démonstration de ce que le tourisme chimpanzé peut être dans sa forme la plus réfléchie. Gombe apporte le contexte : l'histoire, la science, la compréhension de ce que sont ces animaux et de ce que leur étude a signifié pour la connaissance humaine. La forêt de Gombe est intime — la petite taille du parc fait que l'on rencontre les chimpanzés dans un cadre où la science semble présente, où l'on marche sur les mêmes sentiers qui ont produit les découvertes dont on a entendu parler. Mahale apporte l'échelle et la solitude : une forêt plus vaste, une communauté plus grande, une plage qui fait de l'après-midi suivant le trek l'un des grands plaisirs du voyage safari. Ensemble, elles produisent quelque chose qu'aucune des deux ne peut offrir seule — le sentiment d'avoir découvert l'histoire dans son intégralité.
L'itinéraire sur sept jours progresse d'ouest en est en termes d'isolement, en commençant par Gombe (accessible depuis Kigoma, plus petit, plus chaud dans les vallées basses) et en avançant vers Mahale (plus reculé, forêt plus vaste, la plage toujours visible sous la canopée). La transition du jour 3 — retour en bateau à Kigoma, vol charter vers l'ouest au-dessus de la péninsule de Mahale et de la surface scintillante du lac — est l'un des plus beaux moments de l'itinéraire : vous êtes dans les airs, le lac s'étalant en dessous de vous dans toute son étendue extraordinaire, et les montagnes devant vous sont l'endroit où débuteront les trois prochaines matinées.
Le trek aux chimpanzés dans les deux sites suit des protocoles stricts conçus pour protéger les animaux et maximiser la qualité de la rencontre. La taille des groupes est limitée. Le temps de contact est restreint à une heure par jour et par groupe. Pas de photographie au flash. Pas d'approche à moins de sept mètres. Les observateurs malades doivent rester au camp. Ces règles ne sont pas des contraintes — elles sont la raison d'être de l'habituation elle-même, et chaque tracker des deux sites les applique avec une autorité issue de décennies de connaissance de ce qui se passe lorsque les protocoles sont ignorés. Le résultat, pour les hôtes qui les respectent, est une rencontre qui appartient entièrement aux chimpanzés plutôt qu'aux visiteurs.
Les deux sites fonctionnent en saison sèche, de juillet à octobre, lorsque les sentiers forestiers sont fermes, le lac est calme pour les transferts en bateau, et les chimpanzés descendent vers des altitudes forestières plus basses où le trek est plus court et la rencontre plus prévisible. La combinaison de deux nuits à Gombe et de trois nuits à Mahale est calibrée pour laisser à chaque site suffisamment de temps pour révéler son caractère — une seule nuit dans l'un ou l'autre des lieux ne suffit pas à comprendre ce que l'on observe, et quatre nuits dans l'un et zéro dans l'autre gâcherait l'opportunité comparative qui constitue tout l'intérêt de cet itinéraire.