Le Jour 2 est consacré au circuit des grands félins résidents qui fait la renommée de Seronera auprès des chercheurs : la population de léopards le long des méandres de la rivière, qui utilisent les grands arbres-saucisses comme plateformes de repos et caches, avec une fiabilité issue de décennies d'accoutumance. Les prides de lions qui occupent les territoires de kopjes toute l'année, chassant les impalas et les topis dont les populations sont elles aussi résidentes et non migratrices. Les guépards femelles qui parcourent les plaines d'herbe rase entre le pays des kopjes et les abords de Naabi. Aucun de ces animaux n'est simplement de passage vers ailleurs. Ils vivent ici. Le rôle du guide, sur un séjour de quatre nuits, n'est pas de les trouver -- c'est de suivre leurs habitudes individuelles suffisamment bien pour que, dès le Jour 3 ou le Jour 4, le positionnement devienne une forme de prédiction plutôt qu'une recherche.
Le Jour 3, direction le sud vers les Moru Kopjes, où le paysage change de caractère sans quitter le parc. Les affleurements de Moru sont plus anciens et plus imposants que le granite compact de Seronera -- une roche de socle précambrien vieille de 500 millions d'années, empilée en formations qui font paraître minuscules les véhicules en contrebas. Le territoire de récupération des rhinocéros noirs dans les champs de blocs rocheux de Moru exige une approche patiente et silencieuse, qui produit parfois une observation et donne toujours cette qualité d'attention particulière qu'exige la recherche d'un animal rare. Gong Rock conserve des peintures ocre laissées par des populations qui comprenaient ce paysage bien avant l'existence de l'industrie du safari : empreintes de mains, formes géométriques, un témoignage d'occupation qui précède de loin la création des limites du parc. Le circuit de l'après-midi passe par des couples de lions résidents et des colonies de damans des rochers sur les parois granitiques, avant le retour au camp de Seronera.
Le Jour 4 illustre l'argument implicite de cet itinéraire : que le temps passé dans un seul écosystème, sans horaire à respecter, constitue une expérience différente du déplacement entre plusieurs parcs. La matinée est lente -- café au camp, petit-déjeuner tardif, aucun réveil ne poussant personne dehors dans l'obscurité d'avant l'aube. Pour ceux qui souhaitent la montgolfière en option, c'est le jour idéal : un vol à l'aube au-dessus des plaines de Seronera, à regarder le paysage passer de l'argenté au doré sous la nacelle, puis un petit-déjeuner au champagne en pleine nature avant que le véhicule ne vienne vous récupérer et vous ramène. Le safari en 4x4 de l'après-midi part durant l'heure dorée, lorsque la lumière est rasante et que la géométrie du Serengeti se révèle avec une clarté que l'éclat du plein midi dissimule.
Le Jour 5 est la transition -- la matinée offre une dernière inspection de l'écosystème de Seronera avant que le véhicule ne se charge et ne parcoure les 3h30 de route vers le sud-est jusqu'au bord du cratère du Ngorongoro. Cette route traverse la NCA, c'est-à-dire la piste de gravier ondulée que la plupart des itinéraires font traverser aux clients le matin, avant que leur énergie ne soit à son maximum. Ici, vous la traversez l'après-midi, arrivant au bord du cratère alors que la journée se rafraîchit et que la caldeira se remplit de son ombre caractéristique de fin de journée. Une courte marche jusqu'au point de vue du bord et le cratère se révèle pour la première fois -- un bassin de 20 kilomètres, enfoncé 600 mètres sous le bord, abritant une population de grands mammifères si dense que même depuis le sommet, on distingue les rassemblements d'animaux sur le fond. Ce soir, le lodge du bord du cratère porte en lui la promesse de ce qui vous attend demain.
Le Jour 6 commence avant même le fond du cratère. La route de descente de Seneto ouvre à 6h du matin, et le protocole veut que l'on soit sur place à ce moment précis -- premier véhicule à descendre, le fond du cratère encore dans la lumière grise d'avant l'aube, avant l'arrivée de la foule des véhicules de fin de matinée. La descente dure environ 25 minutes sur cette route à sens unique, le véhicule serpentant à travers la paroi du cratère jusqu'à un fond qui obéit à ses propres règles écologiques. Il s'agit d'un système fermé : les parois renferment une source d'eau permanente toute l'année, une population de proies qui se renouvelle d'elle-même, et une communauté de prédateurs qui n'a nulle part ailleurs où aller. Le safari en 4x4 sur le fond couvre les principales zones -- le bassin des hippopotames, la prairie des rhinocéros noirs, le lac Magadi et ses échassiers, les territoires de lions autour de la forêt de Lerai -- avant de remonter par la route à sens unique de Lerai vers midi. Du bord du cratère à Arusha, comptez 3h30 via Karatu. La semaine se termine dans la ville où elle a commencé, même si cette ville semble différente au retour.