De Wilson à Mulika — Premières lueurs au pays de Born Free
Le vol charter quitte l'aéroport de Wilson dans la fraîcheur du matin et file vers le nord-est en survolant la bordure du plateau de Nairobi, avant que le terrain ne change en contrebas : les terres agricoles des hautes terres centrales cèdent la place à la ceinture d'acacias plus basse et plus sèche, puis — en descendant par les pentes nord des collines de Nyambene — le paysage verdit spectaculairement à mesure qu'apparaissent les premières rivières. Le parc national de Meru s'annonce non pas par une savane ouverte, mais par quelque chose qui ressemble davantage à une lisière forestière : brousse dense au-dessus des corridors fluviaux, eau permanente, la couleur d'un parc qui reçoit la pluie selon ses propres règles. La piste d'atterrissage de Mulika se trouve à l'intérieur du parc. Le temps que le charter se pose et que la porte s'ouvre, l'air a déjà une odeur différente — plus frais et plus vert qu'à Nairobi, avec la légère note métallique de la rivière Tana toute proche. La traversée du parc jusqu'au camp passe par le genre de brousse qu'il faut du temps pour déchiffrer : des buffles dans l'ombre qui prennent un moment à se dessiner en silhouettes, le territoire d'un léopard cartographié par des marques de griffes sur les acacias bordant la piste. Le safari en 4x4 de l'après-midi longe la plaine inondable de la rivière Tana, où des troupeaux d'éléphants de vingt à trente individus se déplacent le long des berges dans la lumière de fin de journée, sans hâte et totalement indifférents au véhicule. Oryx et buffles sur les portions dégagées, le guide déchiffrant les traces d'un lion passé par là quelques heures plus tôt. La caractéristique déterminante du parc se révèle avant le dîner : pas un seul autre véhicule croisé sur tout le circuit.
Activités
Meru
























