L'étape de Samburu débute comme tous les bons itinéraires du nord du Kenya devraient commencer : un vol matinal depuis l'aéroport de Wilson qui couvre en soixante-cinq minutes ce qui prendrait cinq heures et demie sur du bon bitume suivi d'une piste accidentée. L'avion descend au-dessus des crêtes volcaniques et des plaines d'épineux, la rivière Ewaso Ng'iro apparaissant comme une ligne verte marquante à travers le terrain couleur de rouille, et la piste d'atterrissage accueille le vol dans le calme d'une réserve où les véhicules sont bien moins nombreux que les animaux sauvages. Le safari de l'après-midi révèle ce qui fait de Samburu l'écosystème de safari le plus singulier du Kenya : cinq espèces que l'on ne trouve nulle part au sud de la zone équatoriale d'épineux. La girafe réticulée est la plus immédiatement visible — plus grande que sa cousine du sud, avec un motif géométrique plus marqué, disposée à se tenir à faible distance et à observer le véhicule avec le calme d'un animal qui sait qu'il a l'avantage de la hauteur. Le zèbre de Grévy à ses côtés partage la même plaine ouverte mais se lit tout autrement qu'un zèbre de Burchell : rayures plus fines, oreilles plus rondes, une silhouette plus imposante conçue pour cette contrée plus aride.
Trois nuits à Samburu permettent à l'itinéraire d'inclure les trois catégories d'activités que la réserve nationale et les conservatoires communautaires environnants autorisent. Les safaris en véhicule couvrent le corridor riverain de l'Ewaso Ng'iro — où des éléphants mâles d'une taille extraordinaire ont été documentés par Save the Elephants, où les léopards utilisent la canopée de figuiers et d'acacias au-dessus de l'eau avec l'assurance que confère un territoire riverain — et les plaines ouvertes où l'oryx beisa, le gérénuk et l'autruche somalienne complètent les Cinq Spéciaux qui définissent le nord du Kenya. Le safari à pied, mené avec un ranger armé sur un terrain impraticable en véhicule, fait passer l'échelle de la rencontre du panoramique à l'intime : le gérénuk approché à pied à quinze mètres, broutant debout sur ses pattes arrière devant un fond d'épineux, offre une image bien différente de la même scène vue à travers un toit ouvrant. Le safari de nuit prolonge l'expérience de Samburu jusqu'aux heures où les léopards qui partagent les arbres riverains avec les troupes de babouins endormis deviennent actifs, et où les espèces nocturnes du nord semi-aride — renard à oreilles de chauve-souris, galago, parfois même un oryctérope au travail sur une termitière — sortent de leur abri.
Le vol en brousse depuis Samburu le jour 4 transite par l'aéroport de Wilson. Le trajet dure une à deux heures. La piste de Naboisho accueille le vol de l'après-midi avec la même quiétude que celle de Samburu le jour 1 — une piste de concession qui ne dessert que la poignée de camps disposant de droits de circulation exclusifs dans cet écosystème de 50 000 acres. La concession de Naboisho est le plus grand conservatoire privé du Mara en superficie, et son modèle d'exploitation concentre la prime de conservation qui transforme une visite en quelque chose de fondamentalement différent d'une réserve principale : conduite hors piste autorisée partout, limites strictes sur le nombre de véhicules à une même observation, safaris de nuit jusqu'à 21h, et safaris à pied avec des rangers armés du KWS sur un terrain déjà parcouru par la pride de lions du jour.
Quatre nuits à Naboisho constituent un luxe qui se démultiplie. Le premier jour permet de découvrir la géographie de la concession — les systèmes de luggas où les léopards cachent leurs proies dans les figuiers, les corridors de prairies ouvertes où l'on trouve fidèlement des guépards avec leurs petits, car l'absence de véhicules concurrents ne perturbe pas la stratégie de chasse de la mère. Aux deuxième et troisième jours, le guide sait déjà quels animaux se déplacent où, le safari du matin suit une direction dictée par les rapports radio de la nuit, et le rythme de la brousse — le départ à 6h, les deux heures de route avant le thé, le retour au camp pour le repos de midi, la sortie de l'après-midi vers un autre terrain, le safari de nuit jusqu'à 21h — devient la structure naturelle de la journée.
Cette quatrième nuit en concession du Mara est celle qui donne tout son sens à la finale. Le jour 7 peut être une journée complète plutôt qu'une matinée logistique : visite facultative d'un village maasaï, excursion à la rivière Mara si la saison des traversées le justifie, sundowners au coucher du soleil choisis pour la vue plutôt que pour la proximité de la piste d'atterrissage. Le vol du matin le jour 8 quitte la piste de Naboisho à temps pour assurer la correspondance à Wilson vers le terminal international. Sept nuits, deux concessions, un itinéraire qui utilise ce jour supplémentaire là où il compte vraiment.