Le jour 2 est la pleine expression du Mara. Petit-déjeuner avant l'aube, départ à 6 heures quand la lumière arrive basse et rasante sur la savane herbeuse et que les grands félins sont soit encore sur une proie de la nuit, soit en train d'entamer leur première patrouille de la journée. Le safari en 4x4 matinal se poursuit aussi longtemps que les conditions le justifient — une chasse de guépards peut retenir un véhicule pendant deux heures — et la pause de midi au camp est suivie d'une session en après-midi qui tire parti de l'angle du soleil déclinant, quand les troupeaux d'impalas se resserrent, que les prides de lions lèvent la tête, et que les lignes de drainage de la Mara River produisent ces léopards bondissants dont les guides parlent pour le reste de leur carrière. Deux nuits vous offrent deux cycles complets de ce rythme.
Le jour 3 transfère vers le Lake Naivasha à travers l'escarpement du Great Rift Valley. Le trajet de trois heures et demie à quatre heures et demie traverse les hauts plateaux où la route longe le rebord de l'escarpement et où le fond de la vallée se déploie en contrebas : un lac où les flamants roses teintent les hauts-fonds de rose les bonnes années, la crête volcanique du Longonot, puis la descente vers la rive du lac Naivasha. Le Great Rift Valley Lodge surplombe l'eau depuis un coteau d'où le lac et ses franges de papyrus sont visibles sans quitter la propriété. L'après-midi est consacré à un safari en bateau — la bonne manière de découvrir le Lake Naivasha. Des groupes d'hippopotames dans les papyrus, des pygargues vocifères appelant depuis les arbres à fièvre, des martins-pêcheurs travaillant les hauts-fonds à une vitesse qui rend les jumelles presque superflues. Quatre cents espèces d'oiseaux ont été recensées ici. L'eau est douce, la lumière est plate et claire, et les hippopotames refont surface à des intervalles qui suivent entièrement leur propre horaire.
Le jour 4 est la plus longue journée de route : départ matinal depuis Naivasha, vers le sud puis l'est en dépassant les rocades extérieures de Nairobi, puis de nouveau vers le sud en direction de Namanga et du bassin d'Amboseli. Cinq heures et demie à six heures sur des routes majoritairement bien goudronnées, les quarante derniers kilomètres se faisant sur piste, jusqu'à la porte de Kimana atteinte en début d'après-midi. Le parc est suffisamment petit — 392 kilomètres carrés — pour que le trajet entre la porte et la zone marécageuse centrale prenne moins de trente minutes. Le safari en 4x4 de l'après-midi révèle la logique d'Amboseli : des familles d'éléphants partout, les franges du marais verdoyantes sur fond de poussière ocre du vaste bassin, et le Kilimanjaro s'élevant derrière tout cela depuis la frontière tanzanienne, le sommet déjà voilé par les nuages de l'après-midi qui se forment invariablement après 9 heures chaque jour. La valeur de la matinée du lendemain se lit déjà dans son absence.
Le jour 5 est la raison même de votre présence à Amboseli. Le réveil à 5 h 45 offre un ciel encore sombre et une montagne dégagée de la base au sommet — dix-neuf mille pieds de Kilimanjaro dans la direction où votre appareil photo pointe déjà. Le safari en 4x4 de l'aube est lent et méthodique : le guide sait quels itinéraires font traverser aux familles d'éléphants un terrain dégagé dans cette lumière si particulière du petit matin, où les gros porteurs d'ivoire se tiennent dans le marais avec leur reflet exact en dessous d'eux, et quand les nuages commenceront à se former sur le sommet. Avant 9 heures, la montagne a disparu. Avant 9 heures, vous avez déjà pris vos photographies. Le reste de la journée appartient aux autres qualités du parc : des guépards sur les plaines dégagées de l'est, des prides de lions se déplaçant entre le marais d'Enkongo Narok et le lit de lac asséché, une visite d'un village maasaï en fin de matinée si le groupe le souhaite — une véritable rencontre avec la communauté qui vit aux côtés de ces troupeaux d'éléphants, non une mise en scène. Le safari en 4x4 de l'après-midi referme la journée au marais tandis que la lumière redevient horizontale et que la montagne fait une dernière brève apparition à travers les nuages avant la tombée de la nuit.
Le jour 6 boucle la boucle. Un dernier safari en 4x4 matinal tandis que le Kilimanjaro est encore dégagé, puis la route vers le nord en direction de Nairobi : un trajet de quatre à cinq heures qui vous dépose en ville en début d'après-midi. Cinq nuits, trois paysages, et un safari dont l'arithmétique est honnête : un minimum de deux jours à chaque endroit n'est pas un luxe superflu mais une condition nécessaire pour comprendre ce que l'on observe.